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Le Président de la République

Sous la Vième république, le Président de la République y a une place centrale. Les institutions et pouvoirs sont presque organisés autour de lui. Il est devenu la principale figure de la République, celle vers qui on peut envoyer toute notre haine, celle qui est responsable des maux de la société, même s’il n’en est rien. Voulu par le général De Gaulle pour contrebalancer un parlement à son époque trop puissant et chaotique, cette fonction s’est peu à peu transformée en monarque républicain. La conséquence de ce système, de cette volonté est qu’aujourd’hui tout le cycle politique français tourne autour de l’élection présidentielle. L’élection du parlement qui vote les lois est devenue secondaire. Quand le parlement est bloqué et qu’une dissolution n’est pas la solution, certains appellent à la démission du Président, comme si celle-ci pouvait véritablement changer quelque chose.

Quand on conçoit une république, deux options se présentent :

  1. un régime présidentiel où le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif n’ont pas de levier d’action l’un sur l’autre ;
  2. un régime parlementaire où le pouvoir exécutif est issu du parlement et où le parlement et le gouvernement ont accès à des outils pour contraindre l’autre ;

Une troisième voie a été doucement théorisée : le régime semi-présidentiel avec un mixte des deux régimes ci-dessus. Certains diront que ce régime a pris le pire des deux systèmes.

La France a depuis la seconde république (1848) un président, ses fonctions dépendaient du régime en place, d’un rôle honorifique à un rôle central. Sous la Vième République deux cas se présentent :

  1. L’Assemblée Nationale a une majorité de la même couleur que le Président ;
  2. L’Assemblée Nationale n’a pas une majorité de la même couleur que le Président ;

Dans le second cas on parle de cohabitation, le président a un rôle en retrait. Si sur le papier c’est toujours lui le chef de l’exécutif, dans les faits c’est le Premier ministre qui dirige le pays. L’usage a voulu que dans cette configuration le président ne garde que les périmètres qui sont considérés comme son domaine réservé : l’armée et la diplomatie.

La mandature de 2024 a donné une Assemblée nationale sans majorité et le Président a pris la décision de se retirer un peu du jeu politique national pour laisser le Premier ministre prendre ses responsabilités et trouver des compromis.

Si beaucoup voient le président de la Vième République, un monarque républicain comme une mauvaise chose, certains semblent ignorer les particularités de la France et les choix passés de son Peuple qui rendent aujourd’hui cette fonction nécessaire.

Premièrement la France dispose de l’arme nucléaire, c’est une arme de destruction massive. Il est nécessaire que le Président puisse faire usage de celle-ci si le besoin se présentait. Pour ce faire il faut que celui-ci dispose d’une légitimité propre et nationale, que seul le Peuple peut lui donner. Deuxièmement le Peuple a voté (1) pour une république plus présidentielle mais (2) pour élire lui-même son président. Les personnalités qui souhaitent revenir à un président élu par le Parlement soit in fine, aller à l’encontre du choix des Français mais surtout leur retirer une élection, à savoir une possibilité de s’exprimer.

La France a cette particularité d’avoir dans son exécutif deux têtes de poids et pouvoir relativement équilibrés. Par rapport à nos voisins Européens, ces deux figures se partagent le pouvoir de manière presque équitable sur le papier.

Le projet que je propose est de rééquilibrer le système vers le couple Gouvernement/Parlement et de mettre un peu en retrait le Président. Celui-ci serait alors dans une posture similaire à celle d’un Président en cohabitation. Il disposerait de son domaine réservé, mais s’impliquerait moins dans la politique nationale. Pour être plus précis, le Président s’occuperait de la politique extérieure et internationale de la France et le Premier ministre de la politique intérieure et nationale du pays. Le président perdrait donc son statut de chef de l’exécutif, pour un rôle partagé et se trouverait plus dans une situation d’arbitre de la politique intérieure.